Bienvenue sur Libre de lire, le blogue animé par les libraires de la Librairie La Liberté. Vous y trouverez conseils, suggestions de lecture, chroniques de livres et actualité littéraire. Bonne lecture!

Actualités

  • nick-cutter-couverture

    « Little Heaven » de Nick Cutter

    Le Mal est-il un principe qui habite chaque être humain, que nous le voulions ou non? Dans quelle mesure chacun d’entre nous doit-il composer avec une part plus ou moins obscure de son âme, de son esprit? Posé ainsi, le problème semble purement métaphysique, bien que, depuis Freud, la psychologie y ait son mot à dire. En 1898, Henry James posait en partie la question en donnant à sa fameuse histoire de fantôme ce « tour d’écrou supplémentaire » qui la rendait si délicieusement subversive. La narratrice rejetait sur la responsabilité d’anciens gardiens la personnalité malfaisante des deux enfants dont elle avait la garde; James avait eu le mérite de ne pas donner de réponses claires (d’autant plus que la santé mentale de la narratrice était pour le moins chancelante!).

  • «Duel au soleil» de Manuel Marsol

    Paru au Québec en avril, le titre Duel au soleil, de l’auteur et illustrateur espagnol Manuel Marsol, s’inscrit au catalogue jeunesse. Il suffit de se plonger dans les premières pages pour se laisser gagner. D’ailleurs, il est immédiatement devenu pour moi un coup de cœur. Il s’agit d’un véritable western. Tout y est : cowboy, indien, désert, chemin de fer, cheval, bison, serpent… C’est un livre où l’illustration se suffit pratiquement à elle-même, car il n’y a que très peu de texte. Plusieurs double-pages en sont tout simplement dénuées. Les quelques lignes qui parsèment le livre sont des dialogues entre les deux protagonistes, qui viennent rompre de façon humoristique la tension installée depuis le début.

  • Au pays des choses dernières : le voyage d’Anna Blume de Paul Auster

    L’intrigue du roman repose sur la quête d’Anna Blume, jeune fille de 19 ans qui part à la recherche de son frère William, envoyé plus tôt dans une ville lointaine en tant que journaliste et qui ne donne plus de signe de vie depuis des mois. Après un long voyage, lorsqu’elle parvient jusqu’à la ville en question, celle-ci ne ressemble en rien à ce qu’elle avait imaginé. Anna découvre un paysage de pierres et de ruines où règnent la violence, la misère et la mort. La ville l’emprisonne dans ses griffes et elle doit trouver le moyen d’y survivre. Ceci dit, le contexte apocalyptique est traité par Paul Auster avec originalité. Pas de surabondance d’événements destructeurs ni de combats démoniaques : l’auteur joue plutôt avec la précarité du monde et sa disparition – à l’origine, le roman porte le titre The Country of Last Things. Les objets disparaissent d’abord littéralement, puis c’est au tour des mots qui les désignaient de tomber dans l’oubli; la mémoire et le langage s’érodent eux aussi.

  • couverture

    «La perte et l’héritage» de Raphaël Arteau McNeil

    Pourtant, l’éducation est le propre de l’homme. En refusant la transmission des grandes œuvres, c’est notre humanité que l’on met à mal. Pour conserver les apparences, nous avons fait place au règne de la spécialisation, au risque de former des êtres bornés. La plupart du temps, c’est bien ce qui arrive : selon Arteau McNeil, la spécialisation ne remplit que très partiellement l’office de l’éducation véritable. Si l’éducation « est l’activité qui consiste à réfléchir sur son expérience » (p. 40), c’est à la transmission d’une culture générale que les professeurs doivent attacher leur attention. L’expérience, forcément multiple et complexe, peut être appréhendée par l’intelligence des grandes œuvres. Elles ne sont pas grandes par intention élitiste ou volonté d’oppression, mais bien grandes parce qu’elles ont su exprimer « le meilleur de ce qui a été pensé et connu » (p. 55). De Xénophon à John Erskin, l’essayiste dresse la genèse et la raison d’être de l’éducation par les œuvres marquantes, qui jusque dans les années 60, était considérée comme progressiste. Personne n’ignore plus aujourd’hui l’irritant procès en conservatisme auquel elle est soumise…

  • panneton

    «L’héritage et autres contes» de Ringuet

    « Mind your own business ! » : nous comprenons la déroute d’Euchariste Moisan en visite chez son fils établi aux États-Unis. Un pays qui séduit plusieurs Canadiens-français en ce début de XXe siècle, des pauvres en quête de travail. Là-bas, certains sont contraints de modifier leur nom. Les Larrivière deviennent les River, les Leblanc, les White. L’anglais s’est mêlé au français derrière les dents en or d’Ephrem Moisan et le sens des affaires prend le pas sur les affaires de sens ; le fils d’Euchariste ne fait plus grand cas de la religion, tout enfant de Dieu qu’il est.

  • « Frankenstein lui a échappé » d’André Caron

    Cette année marque le bicentenaire de la publication de Frankenstein ou le promothée moderne de Mary Shelley. Qu’on l’ait apprécié ou non, ce roman gothique est devenu un monument de la littérature anglo-saxonne. C’est que le roman a rencontré, dès sa parution, un immense succès. S’est ensuivie, tout au long du XIXe siècle, une panoplie de pseudo-adaptations au théâtre. Le XXe siècle n’est pas en reste : dès 1910, Thomas Edison en produit la première adaptation cinématographique (les curieux peuvent d’ailleurs visionner facilement ce court métrage sur la Toile). Au total, à partir de cette date et ce jusqu’à nos jours, le savant et sa créature se retrouveront plus de 150 fois à l’écran.

  • Les huit montagnes de Paolo Cognetti

    L’ouvrage de Cognetti est un pur délice par son histoire simple, mais empreinte d’une grande humanité. Voici un résumé de l’histoire. Pietro, enfant de 11 ans, vivant à Milan, passe ses étés dans la Vallée d’Aoste lorsque ses parents décident de faire l’acquisition d’une bicoque. Giovanni Guasti, le père de Pietro, est un homme taciturne et peu doué dans son rôle paternel. Toutefois, en montagne, le personnage de Giovanni prend une autre dimension. Passionné par les randonnées dans les hauts sommets, le père initie son fils à cette activité pour partager la découverte de paysages et faire corps avec la nature. Il pousse son fils dans ses limites physiques.

  • La sélection jeunesse du mois de février (littérature jeunesse)

    Un bonheur de lecture qui se passe de présentation! Comme plusieurs, j’attendais avec impatience l’arrivée de ce 4e tome. On y retrouve l’univers déjanté du psychologue clinicien Sauveur Saint-Yves et de ses patients. Rappelons que ce dernier, avec son fils de 9 ans, a ouvert sa maisonnée à un adolescent de 16 ans, un vieux légionnaire/gangster sans-abris, ainsi qu’à Louise Rocheteau et ses deux enfants, Paul (9 ans) et Alice (14 ans). Marie-Aude Murail possède un don réel pour s’adresser à la jeunesse. Elle le fait avec tant de sincérité et juste ce qu’il faut d’audace, sans oublier la narration qui nous emporte dès les premières pages. Comme vous le devinez sans doute, l’action ne manque pas au 12 rue des Murlins! Dès 12 ans.

  • de Grosbois

    « Les batailles d’Internet » de Philippe de Grosbois

    L’indéniable réussite des Batailles d’Internet réside dans la possibilité de  »présentifier » le Web et de lui  »donner corps » en inversant la perspective souvent utilisée pour traiter du cyberespace. En fait, Philippe de Grosbois rabat le réel social, politique et écologique sur le virtuel pour établir la passerelle entre le réel et l’immatériel : « loin d’être à l’extérieur de nos vies  »réelles », le réseau intègre maintenant un nombre croissant de nos interactions et échanges […]ix. » Il s’agit ici de mettre en lumière le fait que « [l]es batailles politiques et économiques qui prennent place sur Internet ne sont pas isolés de celles qui se déploient dans d’autres sphères de la sociétéx. » L’attention particulière de l’essayiste à se diriger vers les faits humains et sociaux lève le voile non seulement sur les impacts écologiques de l’utilisation d’Internet, mais aussi sur un enjeu crucial, celui de l’Internet libre. Il se trouve que « [t]outes les potentialités ouvertes par Internet, sur les plans de l’expression individuelle, de la culture, du journalisme ou de la démocratie, font l’objet d’une contre-attaque puissante et concertéexi. » L’État et les entreprises vont employer différents moyens pour limiter la liberté des internautes : les dispositifs de surveillance, les mécanisme de contrôle des communications et des mesures de répression contre les cyberactivistes. Si l’on doit mobiliser une « résistance numérique » pour riposter à ces mesures liberticides, celle-ci doit être orientée de façon à garantir la neutralité du réseau ( « la non-discrimination dans le traitement de l’information, tant de la part des fournisseurs d’accès à Internet que de la part des Étatxii ») ou à combattre les visées monopolistiques des géants du Net. Tout ceci sert, selon Philippe de Grosbois, à « conjurer les risques de centralisation et d’appropriation du réseau [et] à contribuer à son développement à des fins populaires et citoyennesxiii ».

  • Hôtel Lonely Hearts de Heather O’Neill

    Hôtel Lonely Hearts trace donc le parcours de ces deux êtres lumineux, Rose et Pierrot, en suivant une forme assez classique : ils naissent, tombent amoureux, puis vieillissent et rencontrent de nombreuses embûches qui les éloignent. Chaque événement sort toutefois de l’ordinaire, à commencer par leur naissance on ne peut plus tragique et leur enfance dans la désolation d’un orphelinat. Leur coup de foudre fulgurant et la découverte de leurs remarquables dons pour la scène laissent par la suite présager un avenir qui déjoue les pronostics et attisent de puissances jalousies.

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