Bienvenue sur Libre de lire, le blogue animé par les libraires de la Librairie La Liberté. Vous y trouverez conseils, suggestions de lecture, chroniques de livres et actualité littéraire. Bonne lecture!

Essais

  • photo_GIDE

    « De l’influence en littérature » par André Gide

    Composée au sortir du 19e siècle, De l’influence en littérature, constitue une esquisse tracée à gros traits sur la dynamique des influences, une idée-force qui a été creusée dans le Journal de Gide et qui apparaît en toile de fond de sa théorie du sujet : tandis que le moi se défait du jour passé et se réinvente tous les jours, les influences décentralisent le sujet et lui permettent d’accéder à une connaissance de soi. Prenant les airs d’une causerie, selon les mots de l’auteur des Faux-monnayeurs, De l’influence en littérature étend son champ d’analyse à l’ensemble des influences naturelles, humaines et littéraires.

  • couverture

    «La perte et l’héritage» de Raphaël Arteau McNeil

    Pourtant, l’éducation est le propre de l’homme. En refusant la transmission des grandes œuvres, c’est notre humanité que l’on met à mal. Pour conserver les apparences, nous avons fait place au règne de la spécialisation, au risque de former des êtres bornés. La plupart du temps, c’est bien ce qui arrive : selon Arteau McNeil, la spécialisation ne remplit que très partiellement l’office de l’éducation véritable. Si l’éducation « est l’activité qui consiste à réfléchir sur son expérience » (p. 40), c’est à la transmission d’une culture générale que les professeurs doivent attacher leur attention. L’expérience, forcément multiple et complexe, peut être appréhendée par l’intelligence des grandes œuvres. Elles ne sont pas grandes par intention élitiste ou volonté d’oppression, mais bien grandes parce qu’elles ont su exprimer « le meilleur de ce qui a été pensé et connu » (p. 55). De Xénophon à John Erskin, l’essayiste dresse la genèse et la raison d’être de l’éducation par les œuvres marquantes, qui jusque dans les années 60, était considérée comme progressiste. Personne n’ignore plus aujourd’hui l’irritant procès en conservatisme auquel elle est soumise…

  • « Frankenstein lui a échappé » d’André Caron

    Cette année marque le bicentenaire de la publication de Frankenstein ou le promothée moderne de Mary Shelley. Qu’on l’ait apprécié ou non, ce roman gothique est devenu un monument de la littérature anglo-saxonne. C’est que le roman a rencontré, dès sa parution, un immense succès. S’est ensuivie, tout au long du XIXe siècle, une panoplie de pseudo-adaptations au théâtre. Le XXe siècle n’est pas en reste : dès 1910, Thomas Edison en produit la première adaptation cinématographique (les curieux peuvent d’ailleurs visionner facilement ce court métrage sur la Toile). Au total, à partir de cette date et ce jusqu’à nos jours, le savant et sa créature se retrouveront plus de 150 fois à l’écran.

  • Discours décadent et spirale phobique

    Décadence fin de siècle nous aide à percevoir ce bruit de fond qui accompagne les réactions de défense et d’adaptation d’une caste privilégiée d’artistes et d’hommes politiques face aux bouleversements de l’époque. À travers son périple analytique, Michel Winock convoque bon nombre de doxographes : Léon Bloy, Joris-Karl Huysmans, Joséphin Péladan, Jules Barbey d’Aurevilly, etc. Ces chantres de la Décadence exaltent un « état d’esprit de rejet, où concurrent […] un sentiment d’insécurité, la peur de l’avenir, le trouble provoqué par les mutations économiques, par les changements dans les mœurs, le recul de la religion et des valeurs traditionnelles au bénéfice des sciences occultes, l’indignation face aux scandales financiers, à la prétendue émancipation des femmes, à la présence jugée excessive des étrangers et à l’installation d’un nouveau régime politique dépourvue de l’autorité légitime et de la stabilité nécessairevi ».

  • Freud wars : tuer le Père

    Dans Freud warsiv, Samuel Lézé transpose ces résistances psychiques du côté de l’arrière-plan culturel où s’est effectuée une véritable levée de boucliers face au freudisme. De 1912 à 2012, des polémiques entourant la personnalité de Freud et la psychanalyse ont éclaté dans l’espace public. Que ce soit dans la presse américaine dans les années 1990 ou plus tard en France avec la publication du Crépuscule d’une idole de Michel Onfray, une critique freudienne s’est constituée et Lézé a décidé d’en présenter une analyse culturelle. En mettant en lumière le cycle polémique qui structure la « fortune critique » de Freud, Lézé fait émerger la figure de l’anti-freudien, à laquelle il impose un « démasquage » : l’anti-freudien « peut être un freudien défroqué ou repenti (comme Frederick C. Crews), un sceptique invétéré (comme Gérard Pommier) ou un positiviste (comme H. Eysenck) invoquant le bon sens, la modernité et la raison, ou encore un psychanalyste qui tente de séparer le bon grain de l’ivraie dans la fondation freudienne de la psychanalyse (comme Maria Torök)v. »

  • couverture

    Réflexions sur le temps présent

    Jacques Rancière aborde la démocratie sous l’angle de la représentation. Depuis les dernières décennies, le système représentatif n’a cessé de se renforcer et s’est gardé d’exprimer les vœux latents de la masse. C’est que le corps électoral ne représente pas le peuple, il s’est autonomisé sous l’enseigne des représentants légitimes, la « caste des professionnels du pouvoiri ». D’ailleurs, comme le précise le philosophe en analysant le mouvement des occupations et des places, la communauté est devenue avant tout un objet de désir.

  • gombrowicz

    La dernière œuvre de Gombrowicz

    9782743638696 Gombrowicz, Witold Cours de philosophie en six heures un quart Rivages – On attribue… Read more

  • Décoloniser l’imaginaire

    Gagner sa vie génère nécessairement des frustrations destructrices. Selon Rodolphe Christin, le sort du travailleur est semblable à celui d’un traumatisé social : précarité, pression économique, chantage à l’emploi, idéologie managériale dégradante, etc. Pour le sociologue, « le travail ne tient plus le rôle de grand intégrateur qui lui était dévolu auparavant. Il ne structure plus la vie collective, mais, par ses faiblesses, il contribue à sa déstructuration progressiveiv. » Aux difficultés qui se présentent tout naturellement aux travailleurs s’ajoutent celles auxquelles fait face le théoricien voulant imaginer un au-delà du capitalisme.

  • deneault

    Alain Deneault – De quoi Total est la somme ?

    L’histoire de Total débute durant la Grande Guerre, période durant laquelle la France connaît une pénurie d’hydrocarbure. C’est ce qui mène à la création de l’entreprise en 1924 (sous le nom de Compagnie française des pétroles) car le gouvernement français désire s’émanciper des entreprises anglo-saxonnes. Deneault nous fait découvrir les rouages d’une administration à la fois opaque (afin de masquer liens de l’entreprise avec les hommes d’état par exemple ou les placements effectués par celle-ci dans les paradis fiscaux, un thème cher à l’essayiste) et amorale.

  • Georges Perec et le travail de Sisyphe

    L’annonce du parcours narratif laisse présager la plus grande banalité : « Ayant mûrement réfléchi ayant pris votre courage à deux mains vous décidez à aller trouver votre chef de service pour lui demander une augmentationiii. » C’est à ce moment que s’actionne l’engin infernal à « prévoir le déroulement favorable des opérations [qui] implique la complicité bénéfique mais hautement improbable de tout un ensemble d’élémentsiv », déterminer l’heure idéale pour tirer le maximum des fonctions administrativo-hiérarchico-professionnelles du chef de service, analyser les réactions du dirigeant face aux demandes d’augmentation du protagoniste, envisager les éventualités les plus « vraisemblables », choisir des stratégies pour atteindre l’objectif visé, etc. Perec dépose du sable dans l’engrenage narratif de sorte que l’entreprise du protagoniste devient vaine et inutile : l’action s’enchaîne par séquences répétitives et n’aboutit à aucun résultat concluant.

1 2

Notice: ob_end_flush(): failed to send buffer of zlib output compression (1) in /home/libredel/public_html/wp-includes/functions.php on line 3730

Notice: ob_end_flush(): failed to send buffer of zlib output compression (1) in /home/libredel/public_html/wp-includes/functions.php on line 3730